Mener plusieurs projets de front
Depuis 2003 je suis associé de Liquid Concept, nous avons monté cette entreprise en partant de rien avec mes trois associés, nous avons eu de bonnes opportunités et avons déjà eu droit à plusieurs passages difficiles. Aujourd’hui nous sommes trois personnes à travailler à plein temps (tout trois associés, le dernier ayant décidé de suivre une autre voie pour l’instant), les fins de mois sont encore difficiles et je peine beaucoup à avancer sur le développement d’un service que nous désirons mettre en place suite à l’expérience accumulée avec notre CMS interne. Pulp, c’est son petit nom, existe déjà dans une première version qui nous permet de répondre aux besoins de nos clients, mais depuis plusieurs mois je tente de trouver le temps de récrire cette application afin d’offrir la possibilité à d’autres (designer, agence de communication, …) d’utiliser ce service pour créer et héberger les sites de leurs clients. Mais ce n’est pas simple d’avancer quand il y a toutes les petites choses de la vie d’une société qui viennent contrarier mon emploi du temps. Le retard s’accumule et j’ai de la peine à trouver un nouveau souffle.
Paradoxalement ce nouveau souffle peut venir d’autres projets. J’en ai déjà parlé il y a quelques jours, mais j’ai accepté il y a quelques temps de m’associer pour la réalisation d’un nouveau service. Il n’est pas facile de trouver le temps de travailler dessus, car il est exclu de nuire au bon fonctionnement de Liquid Concept même si j’ai accepté cette aventure avec le leur consentement ; je me retrouve donc à travailler un peu le soir, mais surtout en fin de semaine. On pourrait croire que je ferais mieux d’utiliser tout mon temps sur mon premier projet plutôt que de le partager ainsi, mais je crois que dans mon cas il est indispensable que je me trouve une nouvelle motivation sur quelque chose de neuf et enfin avancer correctement sur deux projets plutôt que pas du tout sur un seul.
A côté de cela il y a 2d Sans Faces, coopérative d’édition que j’ai contribué à créer en 2000. J’essaie au mieux de tenir mon rôle, mais c’est grâce au temps que passe d’autres personnes à faire les tâches qui me sont assignés qu’elles avancent. Bien sûr je supervise, je fais ce que je peux quand je peux, mais heureusement je ne suis pas seul.
Aujourd’hui le seul projet qui me pose vraiment un problème est Pulp, j’ai trop tourné en rond et je ne retrouve pas mon chemin, en résumé ça n’avance pas. La motivation est là, mais j’ai clairement besoin d’une aide technique, pas que je ne puisse pas résoudre les problèmes, mais un autre regard et quelqu’un avec qui confronter mes idées m’est aujourd’hui indispensable pour que ce projet soit mené à terme, le problème est dans la tête. Le problème est que nous n’avons pas les moyens d’engager qui que ce soit, sans parler du fait qu’un développeur Ruby on Rails compétant est disponible ce n’est pas simple à trouver. Nous avons probablement trouvé l’aide de deux confrères de la région qui devraient pouvoir consacrer quelques heures à ce projet, j’ai plus qu’à espérer que ce sera suffisant.
Pour ce qui est de mon nouveau projet, je dois sortir une version alpha pour le mois d’août et la première version publique devrais être disponible dans le courent de l’automne. Je ne me fais pas trop de soucis, nous avons le temps de travailler et s’il y a des choses à faire il n’y a pas de difficultés immédiates. De plus je travaille avec deux personnes qui comprennent bien ma situation, ils m’ont d’ailleurs embarqué dans ce projet en connaissance de cause. Les débats sont parfois bien agités, car s’ils ne sont pas développeur ils ont tout de même quelques compétences dans le domaine, mes méthodes de travail ne sont pas celles auxquelles ils sont habitués, avec Ruby on Rails viens un modèle de développement et une philosophie que j’essaie d’appliquer au mieux. Le bon côté de tout ceci est que je peux confronter mes choix à quelqu’un et les justifier. Ce ne sont pas des comptes à rendre, simplement une envie de leur part de comprendre et c’est bénéfique pour moi, ça me conforte dans mes choix ou me permet de les ajuster plus facilement et au final d’avancer.
Pour 2d Sans Faces les choses ne sont pas tout à fait pareil, on est plusieurs, on tente tous de faire au mieux pour arriver à avancer, mais nous avons un ou des emplois à côté et ce n’est pas notre priorité. J’essaie tant bien que mal de sortir nos 2 derniers supplément 32 pages en impression à la demande sur lulu.com, mais je rencontre quelques problèmes (qui devrait bientôt être résolue) . J’ai également enfin réussis à fixer un après-midi de playtest pour deux jeux de cartes qu’on nous propose d’éditer, les choses avance donc lentement.
J’essaie au mieux de me ménager, de profiter de quelques loisirs, la moto surtout, quelques parties de Jeu de Go ou de Poker et profiter d’être avec mes proches et mes amis quand c’est possible. Mener plusieurs projets de front me permet d’avancer, mais je suis bien conscient que parfois je ne suis pas loin de la saturation et que je dois faire attention.
Le choix d’entreprendre
Il y a maintenant 4 ans, avec quelques connaissances, nous avons décidé de créer une web agency et Liquid Concept devenait réalité en décembre 2003. Il ne faut pas se le cacher, ce choix était aussi guidé par le fait que mon parcours de non étudiant et mon expérience encore trop courte ne me permettais pas de trouver une place de développeur web en Suisse Romande (j’ai eu une expérience d’une année à Paris, mais si j’y avais et y ai encore des amis et que mon emploi me plaisait beaucoup, j’avais décidé de mon propre chef de revenir chez moi… et ne voulais donc pas en repartir).
Une fois le notaire et les démarches administratives payées nous n’avions pas un sous en poche, deux de mes associés étaient encore aux études pour plus de 6 mois et le dernier partait quelques temps en Angleterre parfaire ses connaissances de la langue. Notre progression a été bonne, mais avec 4 personnes à charge de l’entreprise nous avons mis du temps à pouvoir sortir un salaire qui n’en était même pas vraiment un, aujourd’hui les choses sont encore difficiles, nous avons eu droit à un passage à vide et ne sommes plus que trois avec des salaires de misère à nouveau, mais sans perdre de vue la lumière au bout du tunnel. Il faut simplement du temps, beaucoup de temps.
Aujourd’hui, mon expérience avec le framework de développement Ruby on Rails fait que je reçois régulièrement des offres d’embauche que je refuse toutes naturellement… Toute ? pas tout à fait. J’ai accepté il y a un mois de rejoindre un nouveau projet sur lequel je vais travailler en parallèle. Je ne peux pas en dire beaucoup plus aujourd’hui, mais je suis heureux que cette occasion d’entreprendre s’offre à moi. Un projet motivant, des personnes qui m’ont donnés envie de travailler avec elles et surtout quelque chose de différent de la web agency sont les éléments qui m’ont fait accepter. J’ai beaucoup hésité, pas que j’en avais pas envie, mais je vais devoir y mettre mon énergie, mon temps libre et ça ne va pas payer mes factures, mais entreprendre est quelque chose que j’ai en moi et avec l’accord de mes associés, les encouragements de B. et la compréhension de mes nouveaux compagnon d’aventure j’ai surmonté mes craintes pour aller de l’avant.
Bien évidemment j’espère bien qu’un jour tout ceci va payer, je ne vais pas pouvoir vivre éternellement en mangeant des pattes et en ayant des remords à chaque fois que je m’offre quelque chose, que je prends un peu de bon temps. Mais construire une société, un service, les voir grandir et j’espère un jour me faire vivre et faire vivre d’autres personnes est ce qui me fait avancer. Partir de rien sans devoir se soucier des conséquences que pourrai avoir nos projets sur notre famille en particulier et ceux qui nous entours plus généralement est quelque chose que je ne pourrai peut-être plus faire demain.
Le choix d’entreprendre est pour moi le choix de vivre aujourd’hui et non pas demain.
PS: Je vous parlerais plus longuement de ce nouveau projet quand je pourrai, en commençants par le développement. Je voudrais aussi citer 2d Sans Face, si ce n’est pas un travail qui a pour but de me faire vivre, ça reste une société, un projet important pour moi et qui est mené par cette même envie d’entreprendre.
